Les TCC magiques

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Les TCC sont d'abord une psychothérapie avant d'être un outil

A ce jour, le tiers des personnes qui prend rendez-vous avec moi demande « une TCC ». Logique ? Oui, un peu. D’une part, je mentionne cette approche parmi celles que j’utilise au quotidien. D’autre part, les TCC jouissent d’une large médiatisation. Il faut dire qu’elles ont un avantage énorme dans notre société pressée : facilement compréhensibles et mesurables sous toutes les coutures. Quand on cherche à savoir « ce qui marche » dans une thérapie ou si le travail en cours « a changé quelque chose », elles sont gagnantes, et de loin ! Ajoutons à cela leur réputation de « thérapies brèves » et on tient-là une nouvelle baguette magique pour psychisme en errance.

Les TCC sont d'abord une psychothérapie avant d'être un outil
La fée TCC

Sommaire

  1. Efficacité n’est pas guérison
  2. Efficacité n’est pas rapidité
  3. Efficacité n’est pas omnipotence
  4. Les TCC ne sont pas un outil
  5. Conclusion : la rencontre prime
    1. Psychologue clinicienne et psychothérapeute, je reçois les adultes en présentiel au cabinet (61500, Sées), ou en téléconsultation.

Efficacité n’est pas guérison

Le fait est que dans de nombreux cas, les TCC-E (thérapies cognitivo-comportementales et émotionnelles) ont fait la preuve de leur efficacité par rapport à la médication seule (TOC, TCA, addictions, phobies…) ou par rapport au seul facteur temps (dépression).

Toutefois, le terme « efficacité » est à prendre avec précautions. Dans le cas des TOC par exemple, on a « une plus grande efficacité » MAIS… on parle de réduction des symptômes, d’augmentation de la qualité de vie… et non de guérison, dans la plupart des cas.

Efficacité n’est pas rapidité

Hé oui, un autre mythe que je retrouve chez mes patients est qu’une TCC est rapide. Oui, ce type de psychothérapie est classée dans la catégorie des thérapies brèves. Et c’est là que le bât blesse : elles répondent au critère « thérapie brève » uniquement par opposition à la psychanalyse et sa mécanique qui s’étale sur plusieurs années.

Demander à une psychologue « une TCC » en imaginant se soigner en 5 à 10 séances, c’est tout simplement irréaliste. Les TCC sont des psychothérapies à part entière, dont l’efficacité dépend non seulement de leur structure mais aussi et surtout de l’engagement du patient dans le processus et du lien au psychothérapeute. En 5 séances, si le lien à votre psy est bien construit, la thérapie proprement dite ne fait que commencer.

A savoir : la plupart des protocoles de TCC que construisent les psychologues prévoient 15 à 25 séances. Ce qui signifie 15 à 25 semaines de travail soit 3 à 6 mois de thérapie hebdomadaire.

Efficacité n’est pas omnipotence

En clair : les TCC ne conviennent pas pour régler toutes les problématiques. Elles sont souvent mises en échec par les troubles de personnalité, les dépressions modérées à sévères, … Elles ne conviennent pas à la résolution des problématiques systémiques et familiales, …

De plus, dans de nombreux cas, comme celui des addictions par exemple, elles sont utiles uniquement après que certaines bases ont été posées. Ce qui signifient que votre psychologue ne pourra amener le « protocole » qu’après un certain nombre de séances nécessaires à la construction de fondations solides pour le travail cognitif, comportemental et émotionnel.

Les TCC ne sont pas un outil

Les TCC ne sont pas un outil magique, qu’il suffit de brandir autour de nos patients en dansant la danse de la pluie pour qu’ils guérissent. Elles sont une orientation théorique et clinique à part entière. Cela signifie qu’elles sont à la fois une manière de penser les problématiques des personnes en souffrance et de penser la façon de les aider. Elles ont développé des protocoles, des outils, des tests et des échelles mais en aucun cas elles ne sont efficaces « en elles-mêmes ». En d’autres termes : une TCC n’est pas un médicament qu’on avale pour en sentir les effets deux heures plus tard.

Conclusion : la rencontre prime

Les TCC-E sont une formidable avancée dans le champ des soins psychiques. Elles ont l’avantage d’être mesurables, d’avoir prouvé certains effets intéressants, d’intégrer dans leurs protocoles la mesure de leurs effets, de se fonder sur des éléments issus de la recherche scientifique la plus actualisée possible. Il peut donc être utile d’y faire appel.

Toutefois, et cela parait logique pour toute autre profession de soins, le professionnel qui vous reçoit est le seul à même de déterminer quel type de psychothérapie sera le plus adapté à votre problématique ou même s’il est capable de vous accompagner avec ses compétences propres !

La première chose à garder en tête quand vous rencontrez « un.e psy » est donc de savoir à quel type de psy vous faites appel. Ensuite, c’est surtout la rencontre qui compte. Évidemment, présenter son problème du bout des lèvres comme on va chez le médecin déclarer des hémorroïdes risque d’entraver le processus. Nous travaillons uniquement avec ce que vous nous amenez de vous. Et ce, que nous soyons psychanalystes, TCC-istes, humanistes ou intégratifs.

Psychologue clinicienne et psychothérapeute, je reçois les adultes en présentiel au cabinet (61500, Sées), ou en téléconsultation.

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